“C’est l’Amour à la Tour” !

“C’est l’Amour à la Tour” !

Alors que Cyrano de Bergerac revient à la mode, souvenons-nous de ce qu’il nous a légué : son art très français du panache. Sa façon d’embellir la vie. Faisons un rêve… Cyrano ne meurt pas à la fin de l’acte V. Il se soigne et se déclare enfin à Roxane. Nous avons droit à un acte VI durant lequel, pour fêter ça, il l’emmène dîner en ville.

 

Comme il a du nez, un lieu s’impose : la Tour d’Argent. Son liftier dont l’ascenseur vous fait passer d’un monde à un autre, sa cuisine incomparable, sa vue plongeante sur Notre-Dame, tout ici est poétique. Créé par Philippe Labbé et concocté par sa brigade, le menu de la Saint-Valentin est une tirade à lui tout seul : patiences galantes, oursins de Dinard en coquille au persil et coriandre, jambonnettes de grenouille à la crème d’orties sauvages, bar ikejime, caneton croisé en deux services, petits baisers du Régent et autres surprises…

 

Est-ce un roc ? Un pic ? Un cap ? Une péninsule ? Mieux : un délice, un régal, un festin, que dis-je, le fin du fin ! Au dessert, Roxane et Cyrano s’apercevront que ça fait une heure qu’ils parlent en alexandrins. Ce n’est pas tous les jours que la gastronomie vous prend ainsi par les sentiments. D’autant que pour cette soirée exceptionnelle, le théâtre qu’est la Tour a invité un autre acteur : le magicien numérique Cédric Faure, dont les tours prolongeront la douce illusion d’une nuit qui n’en manquait pas.

 

Devant leur assiette, les amoureux seront formels : ils n’avaient jamais goûté, de leur vie, à une telle prestidigitation.